Pokémon Go : y a-t-il une frontière entre le réel et le virtuel ?

Et si on était un peu positif et constructif en parlant de Pokémon Go, au lieu du défaitisme et du négativisme habituel ?

Le dernier jeu de Nintendo, Pokémon Go, est un succès planétaire fulgurant. Tout le monde a été pris par surprise par l’ampleur du phénomène. Les articles sur le sujet sont donc nombreux, chacun y allant de son analyse. Je vais vous en parler ici sur le thème peu abordé de la propriété de l’espace physique vs immatériel.

Si vous écoutez les journalistes colporteurs d’informations, Pokémon Go est une catastrophe, les jeunes sont fous et font n’importe quoi, se mettent en danger, violent les propriétés, etc. (Je ne mets aucun lien vers ces « articles », si vous voulez y perdre du temps vous les trouverez facilement). Il y aurait même une collision entre le réel et le virtuel, selon Alex Hern du Guardian, où il dit (traduction maison)

Je ne peux pas installer un panneau publicitaire sur votre maison sans votre permission, mais je peux y placer un pokéstop. Alors que les mondes réel et virtuel entrent en collision, cela pose problème.

Pourquoi ? Pourquoi est-ce que ça poserait problème ? L’auteur de l’article ne le dit pas, alors que tout ce qu’il écrit ensuite part de ce postulat. Il en vient à comparer l’espace immatériel à l’espace aérien, et à souhaiter que le gouvernement se l’approprie de la même manière pour ensuite le répartir entre ceux qui veulent l’utiliser. Il pose la question de la propriété de l’espace virtuel accolé à un lieu physique, et du contrôle de ce qui y est créé. Poser la question en ces termes, c’est déjà orienter le débat, restreindre la réflexion du lecteur. Vous l’aurez compris, pour moi sa question est purement fantaisiste, voire carrément putaclic.

Il se met bien sûr le doigt dans l’œil, et jusqu’au coude. Comme d’habitude, à cause de l’habituelle confusion entre matériel et immatériel. Je préfère le terme de matériel (ou physique) à réel, et donc immatériel à virtuel, car même si on ne parle pas de choses tangibles, elles existent bel et bien. Elles font maintenant partie de nos vies.

D’un côté, oui il était important de légiférer sur l’usage de l’espace aérien, car si un avion est en vol à un endroit donné, il est primordial qu’un autre n’essaie pas d’y aller en même temps. Sinon c’est la catastrophe.

Alors que NON, avec l’immatériel il peut y avoir un, dix ou mille jeux différents qui considèrent que tel endroit physique a une signification particulière dans leur jeu sans que ça pose problème. Il n’y aura pas collision.

Alors oui mais non, disent certains, le problème n’est pas là. Le truc, c’est qu’il y aura plein de gens à venir physiquement ici ou là. Et alors ? Nous avons encore le droit de circuler à peu près librement, et des lois existent déjà pour prévenir la gêne (tapage nocturne, nuisance sonore, etc.). Pas besoin d’une énième loi qui ne servirait à rien d’autre que de faire croire au bon peuple que les politiques travaillent. Tout est déjà là, pas la peine d’en rajouter.

Ces râleurs qui craignent que l’afflux de visiteurs serait un drame me fait penser à ce proverbe chinois :

Lorsque souffle le vent du changement, certains construisent des murs, d’autres des moulins.

Si vous avez la chance qu’une arène ou un pokéstop soit installé devant chez vous, voyez ça comme une aubaine, une opportunité, et saisissez-là ! Vous pouvez simplement installer un camion pizza-buvette, ou être créatif et inventif. Mais soyez positif, pas négatif. Embrassez le changement, accompagnez-le, il est inéluctable.

Ce n’est que le début. Pokémon Go marche bien parce qu’il associe 2 choses pré-existantes : les Pokémons et le jeu en réalité augmentée Ingress, de Niantic Labs. Il s’agit d’un bond significatif dans ce domaine, qui va engendrer de nombreuses innovations. Je trouve ça passionnant. Pas vous ?